Le moteur à hydrogène dans le sport automobile : une technologie qui mûrit sur circuit
← Retour aux actualités
Technologie #Alpine #Bosch #KU Leuven

Le moteur à hydrogène dans le sport automobile : une technologie qui mûrit sur circuit

Publié le 01-04-2026

Le Mans comme laboratoire. C'est en une phrase l'essence de ce qui se passe actuellement dans le monde du moteur à combustion à hydrogène. Lors d'une journée d'étude technique organisée par la Société des Ingénieurs de l'Automobile (SIA), en collaboration avec l'Université d'Orléans, des acteurs de premier plan du sport automobile et de l'industrie automobile ont présenté leurs dernières avancées.

L'Alpine Alpenglow et la Ligier JSR RH2 en sont les figures centrales. Les deux voitures ont déjà parcouru un kilométrage considérable sur le circuit de la Sarthe et font office de plateforme d'essai ultime pour les moteurs à hydrogène hautes performances. Le fournisseur Phinia (anciennement Borgwarner) a présenté le développement de ses injecteurs, également appliqués à la Foenix H2 de Solution F et GCK. Pipo Moteurs a adapté un moteur WRX à l'hydrogène.

Des étudiants belges visent Le Mans 2030

La présence la plus remarquée était celle de l'Hydroteam de la KU Leuven. Ces étudiants belges ont l'ambition de prendre le départ des 24 Heures du Mans en 2030 avec une voiture de course à hydrogène. Ils transforment actuellement une barquette Ligier équipée d'un V6 Ford de 3,5 litres adapté à l'hydrogène gazeux. Les premières courses sont prévues pour l'été 2027. Le passage à l'hydrogène liquide — indispensable pour une véritable participation au Mans — est techniquement bien plus complexe. La FIA a d'ailleurs publié à ce sujet une réglementation de sécurité détaillée, qui couvre aussi bien le championnat WEC que le championnat WRC.

Une combustion de mieux en mieux maîtrisée

Bosch Engineering est désormais en mesure d'homologuer le moteur à combustion à hydrogène en Europe, aux États-Unis et en Chine. L'entreprise considère explicitement le sport automobile comme un tremplin vers la production en série : voitures de sport, véhicules utilitaires et engins hors route. La technologie est là. L'infrastructure, pas encore.

Le moteur Hy6 d'Alpine, qui équipe l'Alpenglow, développe 800 ch et a atteint en juin 2025 une vitesse de pointe de 313 km/h dans la ligne droite des Hunaudières — avec un potentiel de progression. Alpine comme Bosch utilisent l'eau pour optimiser l'injection. L'avenir de l'Alpenglow reste toutefois incertain, Alpine se retirant du WEC à la fin de cette saison.

La collaboration comme clé

Alpine a plaidé pour une mise en commun des forces autour de l'hydrogène liquide afin d'en réduire les coûts. Phinia a laissé entendre que plusieurs projets confidentiels étaient en cours dans le sport automobile, sans avoir encore été rendus publics. Et le consensus était large : ce que l'on apprend sur le circuit pourra demain être appliqué au transport routier et à l'aviation.

Le moteur à combustion à hydrogène n'est plus une expérimentation. C'est une technologie en plein développement — et le sport automobile en rédige le mode d'emploi.

Partager :