Mercedes-Benz NextGen H2 Truck : 1 000 km d'autonomie et 220 millions d'euros de soutien aux infrastructures
Deux évolutions majeures ont coïncidé cette semaine dans le monde du transport à hydrogène : Daimler Truck a présenté le Mercedes-Benz NextGen H2 Truck, et le ministère fédéral allemand des Transports a annoncé une subvention de 220 millions d'euros destinée aux stations-service hydrogène et aux véhicules. Un signal fort : l'écosystème du transport de marchandises à hydrogène gagne rapidement en maturité.
Les caractéristiques techniques
Le NextGen H2 Truck repose sur un double système de piles à combustible signé cellcentric, d'une puissance totale de 300 kW (2 x 150 kW). Les deux réservoirs d'hydrogène liquide offrent ensemble une capacité maximale de 85 kg, soit une autonomie de plus de 1 000 km — à pleine charge. Faire le plein ne prend que 10 à 15 minutes grâce à la norme sLH2, un temps comparable à celui du diesel.
La chaîne de traction est tout aussi impressionnante : un essieu électrique intégré doté de deux moteurs électriques, une transmission à quatre rapports et une puissance maximale de 370 kW. L'empattement a été raccourci afin d'élargir les possibilités d'attelage avec les semi-remorques. Un nouveau système de gestion du boil-off permet de stationner dans des espaces couverts et de passer la nuit en cabine.
Vers le point de bascule
Daimler Truck prévoit de déployer une centaine de camions H2 chez ses clients à partir de fin 2026. Il s'agit de bien plus qu'un simple test technique : c'est le premier pas vers le point de bascule où la disponibilité des camions, un réseau de stations-service et des prix de l'hydrogène compétitifs se renforcent mutuellement. Au-delà de ce point, la croissance s'auto-entretient et les subventions actuelles ne sont plus nécessaires.
Le camion à hydrogène et le camion électrique à batterie ne sont pas des concurrents, mais des solutions complémentaires. Développer les deux filières va plus vite et exige moins d'investissements que de miser sur une seule technologie. À l'heure où les réseaux électriques atteignent leurs limites, l'hydrogène offre une voie parallèle essentielle.