La Belgique cherche de l'hydrogène blanc dans son sous-sol
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Technologie #Belgique #hydrogène blanc

La Belgique cherche de l'hydrogène blanc dans son sous-sol

Publié le 10-04-2026

Après la découverte spectaculaire d'un vaste gisement d'hydrogène naturel en Moselle française, la Belgique lance à son tour ses propres recherches. Le gouvernement fédéral a débloqué un budget de 1,5 million d'euros pour un projet national d'exploration. Le Service géologique de Belgique est chargé de cartographier le sous-sol. Une première évaluation est attendue d'ici deux ans. Selon les résultats, une enveloppe supplémentaire de 2,7 millions d'euros pourra être ajoutée. Ces moyens proviennent du système européen d'échange de quotas d'émission (ETS).


L'élément déclencheur est un forage réalisé à Pontpierre, en Moselle, à plus de 3 600 mètres de profondeur. Celui-ci a confirmé la présence importante d'hydrogène naturel dans le sous-sol français. Les estimations évoquent au moins 34 millions de tonnes — soit l'équivalent d'environ 14 ans de consommation électrique belge. Comme la Lorraine belge s'inscrit dans la même continuité géologique, il n'est pas illogique que ce gisement s'étende au-delà de la frontière. Le Luxembourg et l'Allemagne pourraient également être concernés.


« Il y a dix mois, on me parlait de l'hydrogène blanc comme d'une chimère. Aujourd'hui, c'est une opportunité stratégique qu'il nous faut explorer avec prudence, mais aussi avec méthode et ambition. » — Jean-Luc Crucke, ministre fédéral de la Mobilité et du Climat


L'hydrogène naturel — aussi appelé hydrogène blanc ou natif — n'a pas besoin d'être produit. Il est stocké naturellement dans le sous-sol, ce qui peut réduire considérablement les coûts de production par rapport à l'hydrogène vert ou bleu. Le ministre Crucke y voit explicitement un possible game changer pour l'industrie et pour l'autonomie énergétique de l'Europe.


Jean-Luc Crucke se rendra prochainement en France afin de prendre contact avec la Française de l'Energie (FDE), l'entreprise à l'origine des forages, ainsi qu'avec les autorités françaises. Une coopération transfrontalière entre la Belgique, la France, le Luxembourg et l'Allemagne est envisageable.


La prudence reste toutefois de mise. La présence de quantités d'hydrogène réellement exploitables sous le sol belge demeure incertaine. Mais, pour la première fois, la question fait l'objet d'une étude sérieuse.

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