Un scientifique de la TU Delft : la voiture à hydrogène est loin d'avoir dit son dernier mot
Les voitures à hydrogène sont mortes — du moins, c'est l'impression que cela donne. Grâce aux subventions, aux infrastructures de recharge et à la baisse des prix, l'électrique à batterie a largement conquis le marché. Mais Aad Correljé, spécialiste de l'énergie à la TU Delft, appelle chacun à la prudence. « La question de savoir quelle est la technologie optimale n'a en réalité aucun sens », dit-il. « Les technologies se développent en parallèle et se font concurrence. »
L'hydrogène vert : comment ça marche ?
Correljé explique que l'hydrogène durable est produit en deux étapes. On produit d'abord de l'électricité renouvelable — à partir du vent, du soleil ou de l'hydraulique. Cette électricité est ensuite transformée en hydrogène par électrolyse. Cela demande environ 50 kWh par kilogramme d'hydrogène, pour un contenu énergétique d'environ 33 kWh. Le rendement se situe aujourd'hui entre 50 et 70 pour cent, mais il pourrait à l'avenir atteindre 80 pour cent. Cet hydrogène peut également servir à produire du méthane synthétique via la réaction de Sabatier — une étape supplémentaire qui ouvre de nouvelles applications en dehors de la mobilité.
Le problème de la poule et de l'œuf
Les infrastructures restent un point sensible. Les Pays-Bas comptent actuellement 23 stations-service à hydrogène publiques et, bien que 30 nouvelles stations destinées au transport lourd soient en développement, le déploiement pour le transport de personnes reste à la traîne. La cause est classique : sans un nombre suffisant de voitures, pas de stations-service, et sans stations-service, pas de voitures. Correljé pose un regard lucide sur ce problème : « L'approche précédente était quelque peu prématurée pour un système et un marché qui doivent encore entièrement se développer. »
Les pouvoirs publics néerlandais tentent de briser ce cercle vicieux avec le dispositif de subvention SWIM (Hydrogène dans la mobilité). En 2026, le dispositif a été élargi à des subventions pour le stockage mobile d'hydrogène, les remorques à tubes et les engins. Lors des précédents tours en 2024 et 2025, 19 partenariats ont déjà reçu ensemble 72 millions d'euros.
La congestion du réseau, une opportunité inattendue
Ce sont précisément les problèmes du réseau électrique qui pourraient donner un nouvel élan à l'hydrogène. Installer des bornes de recharge exige de renforcer le réseau — une opération coûteuse et longue. Correljé : « La congestion du réseau constituera encore longtemps un frein à un déploiement plus large et à grande échelle de la mobilité électrique. » C'est justement dans ces situations que l'hydrogène peut s'imposer comme alternative, en particulier pour les applications où la recharge électrique n'est pas pratique : transport lourd, navigation et aviation.
Des niches en croissance
Correljé n'attend pas de grand bouleversement, mais bien une progression graduelle : « Je m'attends à ce que les solutions à hydrogène gagnent lentement mais sûrement du terrain dans certaines applications. Des niches vont se former, accompagnées d'une chaîne d'approvisionnement adaptée qui saura les saisir. » Son conseil aux décideurs politiques et aux investisseurs est clair : continuez à investir dans les infrastructures, car ce sont les hasards et les innovations qui détermineront en fin de compte la direction à prendre.
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Sources :
- Autoblog.nl – interview d'Aad Correljé, TU Delft (25 avril 2026)
- RVO.nl – dispositif de subvention SWIM 2026
- BOVAG – SWIM ouvre le 1er avril 2026
- Link2fleet – L'hydrogène a-t-il vraiment un avenir ? (avril 2026)